Le tissu wax : son origine et son histoire

Rien de plus élégant que de voir un homme vêtu d’une chemise imprimé Wax. Il n’est pas ainsi étonnant que ce tissu soit souvent adopté par de célèbres modistes tels que Burberry, Agnès B ou Mary Kantratzou. Porté par certaines fashionistas comme Rihanna ou Lady Gaga, le wax a été célébré comme le summum mondial de la mode en 2015. Derrière cette belle réputation se cache une lointaine origine. Alors, d’où venait le wax ? Quel est son histoire ?

La lointaine origine

L’origine de ce tissu remonte au XVIIe siècle. En 1644, pendant que leur territoire colonial était en phase d’extension, les Provinces-Unies prirent Malacca au Portugal, avant de conquérir ensuite Makassar, Sumatra et Java entre 1663 à 1674. Suite à l’indépendance belge vers le début du XIXe siècle, les Indes néerlandaises de l’est avaient été, de leur côté, gravement secouées par des guerres, des conflits internes et une crise de recrutement. Face à cette situation, les Néerlandais recrutèrent alors des auxiliaires tout au long des côtes de l’Afrique orientale, où ils s’étaient aussi installés. Ils recrutèrent également des combattants Ashantis dans le pays de la Côte-de-l’Or néerlandaise pour faire la guerre à Bornéo et à Sumatra. L’histoire du tissu wax ne fait alors que commencer. En effet, quand ces tirailleurs rentrèrent au pays, ils emportèrent avec eux des batiks.

Le tissu préféré des Ashantis

Les ashantis adorèrent vraiment ces tissus. Les Européens, quant à eux, ne voyaient qu’une seule opportunité dans la situation : c’est de pouvoir commercer avec ces peuples de guerre de manière pacifique.

C’étaient les Britanniques qui commencèrent en premier. En se référant au batik javanais, ils installèrent des usines et utilisèrent la cire, qui veut dire en anglais wax, comme matière première. Les Hollandais perfectionnèrent ensuite la technique et lancèrent le commerce transcontinental.

L’idée de départ britannique et celle des Hollandais étaient le même. Les deux pays pensèrent tous les deux, à inonder le marché de l’Indonésie par des produits de batiks vite faits et à moindre cout. Sauf que pour leurs grandes déceptions, les Indonésiens n’aimèrent pas leurs productions. Puristes et conservateurs culturels, ce peuple ne voyait que des imperfections dans ces productions européennes : des irrégularités, des craquelures, etc.

Ce n’était qu’en Côte-de-l’Or, actuel Ghana, que les Européens trouvèrent de débouchés commerciaux. Préférant les tissus vivants, les habitants de ce pays apprécièrent, quant à eux, les irrégularités tant détestées par les Indonésiens.

La commercialisation européenne

Ne pouvant pas se développer en Indonésie, le commerce des tissus wax s’était donc implanté dans le pays de la Côte-de-l’Or Néerlandaise. Alimenté par les navires commerciaux néerlandais qui naviguaient à destination des Indes orientales, ce commerce était d’abord de substitution dans ce pays des Ashantis.

Mais sous l’effet de la disparition du commerce d’esclaves, l’Empire ashanti déclinait déjà depuis le début du XIXe siècle. Les missionnaires prirent alors davantage d’initiatives en Afrique et les vendeurs néerlandais profitèrent de la situation pour prendre plus de contact avec la population locale. Après avoir compris les préférences et les habitudes du peuple, ces commerçants néerlandais arrivèrent enfin à implanter un commerce définitif du wax au pays de l’ancien Ghana.

Aujourd’hui encore, ce tissu reste l’un des tissus les plus valeureux du monde. Chemise pour homme en imprimé Wax, robes portefeuille, accessoires… Combiné à la mode moderne, il offre vraiment une tendance impressionnante et unique en son genre.